Bien à vous,
Tout a commencé il y a deux mois, quand Mr Agrigel Buret, maire du Bassin, a décidé d'organiser, avec l'aide de la paroisse et de l'instituteur de l'école, M. A. Buret, ce fameux bal. Ceux qui l'ont manqué ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas au courant : tout avait été mis en oeuvre pour que petits et grands se retrouvent samedi 14 à l'occasion de l'ouverture de la Foire au Bétail. Affiches sur la place du marché, dans la mairie, et même annonces radiophoniques sur Radio Milieu FM. La décoration soutenait sans peine ces promesses : la salle était couverte de guirlandes multicolores, qui brillaient dans la lumière des projecteurs (aimablement prêtés par la commune de Cavan), pour le plus grand plaisir des yeux. Dans le fond, on pouvait déguster de la sangriette, en discutant avec son voisin, pour le prix modique de 10F le verre. Le hall était occupé par des tables, ce qui permettait de se reposer entre deux danses. L'orchestre s'était installé à droite de l'entrée, sur l'estrade, qui avait été amenée depuis la salle de classe. Tout le reste de la salle était mis à la disposition des danseurs, ce qui n'a pas été de trop !
La soirée devait commencer vers 22h. Pourtant, à partir de 21h55, alors que l'on terminait les préparatifs, on pouvait déjà voir des gens attendre devant la porte, et dès son ouverture, ce fut une véritable ruée. Les bénévoles qui avaient préparé la sangriette n'ont pas dû être déçus : elle est partie en moins d'une demi-heure. Heureusement, les organisateurs avaient prévu une telle réussite, et elle a bien vite été remplacée. L'orchestre, pendant ce temps, jouait des morceaux entraînants, ce qui a largement contribué à lancer les premiers couples sur la piste.
Pendant ce temps, la salle se remplissait de retardataires, qui ont sans doute
regretté d'avoir manqué le début de la fête. Au plus fort de la soirée, on
aurait pu compter une centaine de personnes ! Parmi cette foule, les plus
observateurs auront remarqué le maire et sa femme, le pharmacien, et Mr
Levy-Lunal, maire de Sainte-Ursule, cordialement invité, au milieu des autres
convives, tous dans leurs plus beaux habits.
On a d’ailleurs pu apprécier l’humour de M. François, agriculteur,
qui distribuait des brassards de couleur avec ses publicités pour la foire
au bétail : les participants étaient invités à indiquer leur «
situation maritale » en portant un de ces rubans. Ce ne fut qu’une
demi-réussite, malgré le soutient le M. Buret, instituteur. Il nous a
déclaré « Si ça peut encourager les enfants à aller à la Foire, c’est
une bonne chose. »
On peut cependant déplorer quelques incidents. Le vol de la caisse du bar,
en particulier, pose la question du tri à l’entrée des futurs bals.
Devrons-nous les interdire aux personnes inconnues ? Un autre
problème, soulevé par le père Buret, curé de la paroisse, est celui
de la décence de ces soirées, qui incitent même les plus jeunes à
se coucher tard. Il a promis d’organiser un goûter à
l’occasion de la clôture de la Foire. Il a fait à cette fin une
collecte spéciale lors de la messe dominicale du dimanche.
En tout cas, ce fut une soirée mémorable. Les organisateurs nous ont avoué « Ça fait plaisir de voir autant de monde. On espère qu’ils viendront tous à la Foire. Et pendant qu’on y est, on a décidé qu’avec le ticket d’entrée, on avait droit à une merguez à moitié prix au stand Barbecue de la Foire. » Espérons que vous saurez les retrouver au fond de vos poches !
Mardi:
Vendredi:
Dimanche:
Mercredi:
Vendredi: 20h00: soirée Crossroads animée par les troubadours du groupe Lou Fanfoun; avec la participation de Michel et de son accordéon. Les meilleurs croisements recevront de superbes lots... Salle polyvalente de St-Julien.
Samedi:
La Voix du Bassin : Je me suis laissé dire que vous êtes chasseur, Hervé ;
est-ce bien vrai?
Hervé D. : Tout à fait! Mais attention mon p'tit monsieur : je chasse pas
n'importe quoi!
L.V.D.B. : Ah, et que chassez vous donc, La martre, peut-être?
H.D. : T'es pas loin, mais c'est pas çà. Moi, j'pratique une chasse
spéciale, que c'est mon grand-père qui m'a expliqué la technique. J'ai appris
tout gamin, et maint'nant j'gagne ma croûte avec.
L.V.D.B. : Ce n'est donc pas qu'un sport pour vous?
H.D. : Y'a bien un p'tit côté plaisir à marcher sous la Lune en écoutant
passer les chauves-souris, mais c'est quand même un sacré boulot, la chasse au
rat. Çà occupe à plein temps et çà rapporte pas mal, vu que dans l'créneau, on
est pas des masses.
L.V.D.B. : Vous êtes donc ratier, en quelque sorte...?
H.D. : Ah non! Faut pas confondre : Le ratier y chasse les rats quand la
mairie lui d'mande, et y jette ses prises, ou alors y les envoie pour des
analyses. Moi, c'est pour la viande que j'chasse. Pas pour les maladies et pis
l'hygiène et tout leurs trucs d'administration et de règlements et tout et tout,
là...
L.V.D.B. : Mais vous ne mangez tout de même pas de rats?
H.D. : Ben non, j'te dis ; moi j'les vends à des fabriques de steacks
surgelés et je vis d'çà. Mais mon arrière arrière grand-père, lui y les mangeait.
Il a commencé vers 1860, comme çà, pour l'plaisir. Et après, quand y'a eu l'
siège de Paris en 70, comme y savait y faire avec les rats, il était bien
content. Grâce à çà, il a pas crevé d'faim, et il avait même de quoi r'vendre au
marché noir ou pour échanger. Là, il a connu un boucher, et ensemble y z'ont
monté une combine, après la Commune. Çà a bien marché ; leur affaire c'est
développée, et c'est resté entre nos deux familles un bon bout d'temps. Mais
quand y z'ont ajouté des produits chimiques dans les années 60 -exauceur de goût,
qu'çà s'appelle- y'avait presque plus b'soin d'rat pour donner du goût à la
viande. Du coup, on a dû vendre à plusieurs fabriquants. Mais c'est pas grave ;
comme j'le disait d'taleur, on est pas beaucoup à chasser l'rat (vu que c'est
interdit) et donc y'a pas vraiement d'concurrence.
L.V.D.B. : Cet historique du métier est édifiant. Mais pourriez vous nous
raconter les gestes du chasseur de rats?
H.D. : Ah çà, mon gars c'est un secret professionnel qui reste dans la
famille! J'peux juste te dire que mon p'tit fils (qui est pas mal doué) commence
à apprendre le métier, mais y f'ra pas un bon chasseur de rats avant ses 16 ans.
Pour te dire si c'est technique!
L.V.D.B. : Sans compter qu'il faut savoir faire preuve de beaucoup de
discrétion pour éviter le garde-chasse, j'imagine...
H.D. : Ouais...
L.V.D.B. : ...
H.D. : ...
L.V.D.B. : Hem, et bien merci Hervé de nous avoir fait découvrir ce métier
-car vous l'avez fort bien expliqué ; c'est un métier- et nous souhaitons un bel
avenir à la chasse aux rats.
La cérémonie a eu lieu dans l’intimité en un lieu discret de la commune du Bassin
Les fleurs et courronnes peuvent être remplacées par des dons au journal Le Poisson Mort, ou à ses rédacteurs
Cet avis tient lieu de faire-part