Félicitations, vous tenez en mains un exemplaire du premier numéro du
Poisson Mort. Dans quelques instants, si ce n'est pas déjà fait,
vous allez, entre autres choses, découvrir si vous êtes une limace
grimaçante et entamer un voyage prometteur dans les souterrains du
cinquième arrondissement.
Les articles que nous vous proposons -exigeants et sans prétention,
comme le veut le Poisson Mort- vous apporteront, nous le
souhaitons,
autant de plaisir que nous en avons eu à les rédiger. Puissent-ils vous
donner envie de vous joindre à nous pour les prochains numéros, et
même, pourquoi pas, vous inviter à faire lire ces quelques pages au
plus grand nombre de personnes possible. Et si le photocopiage tue le
livre, paraît-il, il fait vivre le Poisson Mort !
Dans une société de la communication et du mouvement, la langue arabe
occupe sans
conteste une place de tout premier choix - si du moins l'on tire les
conclusions qui s'imposent à
la suite du cours d'arabe pour débutants de l'ENS. Prenons, si vous le
voulez bien, trois exemples
pour illustrer la tendance naturelle de la langue arabe à la modernité
:
Il y a quelques jours, au petit déjeuner, vous vous êtes étranglés avec votre muffin à la
myrtille ou votre filet de hareng à l'huile en lisant ce stupéfiant communiqué, paru dans
l'ensemble de la presse française :
«Antone, bébé hippopotame " pygmée ", né le 3 avril au Parc zoologique de Paris-Vincennes, a
reçu la presse dans sa baignoire» ( Libération, 17 mai 2000, p. 19).
Naturellement, un envoyé du Poisson mort était présent à cette première sortie du bébé
hippopotame. Mais contrairement à l'ensemble de nos confrères journalistes, nous avons pu
obtenir d'Antone un rendez-vous pour un entretien. Le sympathique et juvénile pachyderme a
accepté de répondre aux questions de Francesco von Hanzelmin, notre grand-reporter-
intervieweur-ami-des-stars. En exclusivité mondiale.
Jeudi 18 mai, midi. J'ai rendez-vous avec mon «client» dans le hall d'un grand hôtel parisien.
Son attachée de presse, une accorte autruche aux plumes manifestement décolorées
artificiellement, et au décolleté vertigineux, m'accueille avec tous les signes extérieurs d'un grand
professionnalisme. «Antone est prêt, ne le faites surtout pas attendre» me dit-elle d'un ton
survolté en me conduisant dans un salon particulier. Là, nous retrouvons le bébé hippopotame
confortablement vautré dans un fauteuil, en train de siroter un liquide blanchâtre, avec paille et
glaçons. L'interview peut commencer.
Francesco von Hanzelmin : Qu'est ce que vous êtes en train de boire?
Antone : Un mélange de lait de tigresse et de liqueur de pistache. C'est super comme cocktail
pour garder la forme, j'en bois dix litres toutes les quatre heures ça m'a permis de passer de 5 à
19 kg depuis ma naissance, en un mois et demi.
F. v. H. : On peut peut-être se tutoyer...
A. : Certainement pas, on n'a pas gardé les phacochères ensemble. D'ailleurs, vous êtes peut-
être le premier venu, mais pas moi : je suis d'une famille illustre, où l'on connaît les usages du
monde, et où on les respecte.
F. v. H. : Veuillez m'excuser. Voulez-vous bien nous parler justement de votre famille ? Je
crois que votre mère a été comédienne...
A.: Bien sûr, les vieux parisiens amateurs de théâtre s'en souviennent sans doute. Sous le
pseudonyme d'Anaïs Potamovka, elle a participé à la création de Rhinocéros, la pièce de
Ionesco. Evidemment, elle portait une corne factice, mais dessinée par Coco Chanel elle-même.
Elle a aussi fait une apparition au cinéma dans un Tarzan, avec Johnny Weismuller. Maman s'est
retirée de la scène après son mariage avec Papa, qui était l'hippopotame de compagnie de
Bokassa, le ci-devant "empereur de Centrafrique". Il a vu jouer Maman à Marrakech, lors de sa
grande tournée au Maghreb dans les années 78-79. Lui, il accompagnait Bokassa à un sommet
de chefs d'Etat africains. Il a eu le coup de foudre, ils se sont mariés dans la foulée.
F. v. H. : Puis Bokassa a été renversé et ce fût l'exil au zoo de Vincennes où vous êtes né...
A.: Tout à fait, mais vous savez, on est très bien ici, et puis j'adore Paris...Je vous signale aussi
que j'ai des ascendants éléphants du côté de ma mère; un de mes aïeux a fait une grande
carrière militaire dans les armées de Carthage, en finissant maréchal, mais alors, y'a longtemps.
F. v. H. : Parlons un peu de vous, de vos projets...
A. : Eh bien, pour l'instant, on prépare le lancement de ma carrière avec mes collaborateurs :
Allison, l'attachée de presse que vous avez vue, qui gère mon image auprès des médias,
Gaspard, le flamand rose, mon masseur-diététicien, qui fait tout pour que je sois toujours au top,
Jean-Pierre, le crocodile qui dirige mon équipe de sécurité sur la terre, qui est formée de hyènes,
qui ont toutes leur diplôme de fauve, mais aussi l'équipe aquatique (NDLR : composée semble-t-il
de piranhas).C'est important avec les fans et tous ces journalistes vous comprenez... Enfin y'a
Ernesto le toucan (il est né en Bolivie au moment où le Che essayait d'y faire la révolution, c'est
pour ça que ses parents l'ont appelé comme ça). Lui, il s'occupe de la pub.
F.v.H. : Justement, on murmure çà et là que vous auriez déjà signé de juteux contrats
...Qu'en est-il vraiment ?
A. : Alors là, je dis "joker !", parce que rien n'est encore officiel. Je ne peux vous dire qu'une
chose, c'est qu'on me verra bientôt dans une pub pour une multinationale qui fabrique un soda
marron, aux côtés d'un top-model anglo-corse, et d'un entraîneur de foot français qui a l'accent
de Sail-sous-Couzan.
F. v. H. : Il faudra nous contenter de ces indices...Sinon pour ce qui est de votre carrière
proprement dite...
A. : Eh bin elle commencera dans un peu plus d'un mois, puisque je serai présenté au public à
la fois du mois de juin ; la date n'est pas encore fixée, y'a une merde sur le plan juridique, faut
que je vois ça avec Placide, mon avocat (Ndlr : qui serait un porc-épic). Après, j'ai déjà décroché
un rôle de figurant dans un documentaire sur la décolonisation, qui passera sur Arte d'ici la fin
2000. J'ai aussi des contacts avec divers réalisateurs d'Hollywood, notamment pour un rôle dans
Scream 4, même si je refuse de jouer le tueur. En fait, ce qui m'intéresserait, c'est de tourner
avec des grands, vous voyez, genre Godard, Spielberg, Scorsese...
F.v.H. : Eh bien, j'espère que ces messieurs liront le Poisson Mort, et entendront votre
appel.
A. : Oui et j'en profite pour dire à Luc Besson que c'est pas la peine de m'appeler, ça m'intéresse
pas de travailler avec lui, il est trop naze.
F. v. H.: D'autres projets ?
A.: Mon autobiographie, écrite avec l'aide de JMG Le Clézio, qui s'appellerait Hippopotamus, le
cheval du fleuve; ça paraîtra courant 2001 sans doute.
F. v. H.: La rumeur selon laquelle vous pourriez être la mascotte de Philippe Séguin pendant
sa campagne pour les élection municipales à Paris...
A. :(Il s'emporte)... est totalement fausse. La politique ça ne m'intéresse pas d'y bosser, et de
toute façon, moi, je suis de gauche, je vais voter Delanoë. Il peut gagner si le 12ème, mon
arrondissement, où se trouve le zoo de Vincennes, bascule à gauche. Alors vous comprenez
qu'avec ma popularité naissante, surtout dans le quartier, je vais pas soutenir Séguin, même pour
de l'argent. Bon, là, je crois qu'il va falloir conclure, parce que là y'a Benoît le cobra, mon psy, qui
m'attend.
F. v. H. : Un mot pour les lecteurs du Poisson Mort ?
A. : Une seule chose à leur dire : Quand vous viendrez me voir, inutile de m'apporter des
cacahuètes ; ça fait pas assez grossir, et puis j'aime mieux les noix de cajou et les pistaches.
F. v. H. : Très bien, le message sera transmis sans faute. Merci Antone pour cet entretien
exclusif, et bonne chance pour la suite de votre carrière.
A. : Y'a pas de quoi, et gros bisous aux élèves de l'ENS, qu'ils n'hésitent pas à m'écrire, ça fait
toujours plaisir. Et rendez-vous fin juin au zoo !!
Cela fait déja longtemps que je m'en suis aperçu : il existe contre moi une conjuration, à l'échelle mondiale, que j'ai pris l'habitude d'appeler en toute modestie le Complot mondial contre moi, ou CMCM. Eh bien ILS ont encore frappé, ce vendredi 5 mai; c'était visiblement une offensive de grande ampleur, et leur succès est indiscutable... Il semble même qu'ils se soient mis dans la poche certains de mes proches, mes amis croyais-je...
Quelqu'un a en effet proposé ce soir-là d'aller au concert... Un
concert gratuit sur le Champ de Mars, c'est tout ce qu'on m'avait
dit. C'est bien plus tard, trop tard pour reculer, que j'ai compris qu'on
allait y jouer de pseudo-tubes, de ces pièces, romantico-mielleuses le
plus souvent, que le pouvoir terrible de la télévision sur les masses
même pas laborieuses transforme en best-sellers. En fait, ce n'était
pas dur à deviner, puisque la star du concert était le
pauvre-petit=Italien-du-Sud-aveugle-le-pauvre-petit-il-a-quand-même-une-belle-
voix-on-peut-l'aider-ça-tombe-bien-je-connais-quelqu'un-de-la-télé,
j'ai nommé Andrea Boccelli... Et ça n'a pas raté : tout le concert a
été, comme un sombre pressentiment me l'avait prédit, normal c'est le
boulot d'un pressentiment que de prédire, un exceptionnel,
fantastique, féérique sommet de ridicule, de lourdeur vulgaire et de
beaufitude.
Le public, d'abord: comme prévu, un paquet de gens qui avaient été
attirés par le faux prestige produit par la seule sacro-sainte télé du
ténor. Des téléphones portables à perte de vue, utilisés dans ce
qu'ils ont de plus irrécupérablement bête (« Tu me vois, là, je suis
debout, je te fais un signe ?», y compris pendant le concert), des
jumelles, parce que si on ne voit pas bien Andrea, ça ne sert à rien
d'aller à un concert, des pique-niques prétentieux, avec mousseux dans
une flûte en plastique bleu genre verre à dents, etc. etc. etc....
La musique... Ach, Beethoven! Le final de la 9ème ! La légéreté et
l'élégance teutonne dans
toute leur splendeur, et l'orchestre ne faisait rien pour
l'alléger... D'où un théorème, que nous avons énoncé avec Nicolas:
toute pièce orchestrale, même bonne, mais là ce n'est certainement pas
le cas, sitôt qu'elle est adoptée comme hymne national ou
international, devient immédiatement une marche militaire. Quant au
pauvre Bach, ce qui en fut (ré)interprété m'a suggéré l'idée
d'installer une dynamo sur son cercueil, il y aurait de quoi alimenter
en électricité une grosse ville...
Est-il nécessaire de préciser que le chef, sachant très bien qu'il
serait en gros plan sur les écrans géants lorsque Boccelli ne serait
pas en train de dégeuler, pardon de chanter, en rajoutait des tonnes,
que même Berlioz aurait paru immobile à côté. Cela n'empêchait
d'ailleurs pas l'orchestre de n'être pas toujours bien
ensemble... Notons aussi, toujours du plus bel effet, le gros couac
de la clarinette au beau
milieu d'un solo. Mais le mieux est encore à venir : faire chanter
« Frère Jacques »
au public en même temps qu'à l'orchestre, les choeurs et le ténor,
voila qui est audacieux, et qui charme les bonnes gens...
Quand à Boccelli, rien de plus à en dire sinon qu'il ne chantait pas
mieux que d'habitude, mais pas moins bien non plus, remarquez.
Enfin, les installations... Évidemment, on attendait les écrans
géants, on attendait les illuminations de la Tour Eiffel ( et, bien
sûr, le grand «Oh!» d'admiration qui accompagne toujours leur mise en
marche ), mais, le pire n'étant jamais sûr (l'Épire non plus, à ce
qu'il paraît....), on ne pouvait pas prévoir les espèces de fresques
animées projetées au-dessus de l'orchestre : du plus beau kitsch ! Le
ciel nuageux, reflet d'une météo changeant en accord avec le
tempérament de Beethoven, est je crois bien représentatif...
Et puisque l'on parle de météo, on aurait dû y penser, c'était
évident, l'orage nous est tombé dessus, marquant définitivement la
victoire du CMCM, car contre l'orage, les commentaires narquois et les
attaques personnelles ne sont d'aucun secours...
«Messieurs,
C'est de ma main droite que je saisis ma plume pour vous écrire la présente. Hercule Boifré, retraité de
l'enseignement, ami des bêtes et grand amateur de modélisme en bouteilles devant l'éternel. Je possède dans ma
collection une maquette authentique de la Santa-Chica qui permit au grand navigateur Jorge de la Mangusta de
découvrir l'île Saint-Louis au temps des Croisades, réalisé par l'atelier Tremblot en 1842 (sans bouteille,
malheureusement.) Mais là n'est pas mon propos. Qu'entends-je ? Ma brave voisine, dont le petit-fils «étudie»
comme vous à l'École Polytechnique, et dont je tairai le nom (diable! Je ne suis pas un délateur) m'apprends que
vous vous apprêtez à éditer une nouvelle gazette (encore une!) au sein de votre «établissement»: des articles sans
queue ni tête, des poèmes à usage restreint, des tests écervelés, des feuilletons invraisemblables, des reportages
mensongers, que je ne lirai d'ailleurs jamais. Et vous ne publiez même pas de petites annonces (collectionneurs,
modélisme, etc.) À quoi vous croyez-vous donc utiles ? Si au moins vous étiez caustiques ou cocasses, comme au
bon vieux temps de L'Assiette au Beurre... Retournez donc à vos études, elles nous coûtent déjà assez cher
comme ça. Mais vous allez me demander pourquoi je perds mon temps à vous écrire, si je vous méprise à ce point.
Ha, ha, petits malins ! Parce que je suis retraité et que ça m'occupe, ne vous déplaise.
Je ne vous salue qu'à moitié.»
Il faut que je mette tout cela sur le papier, il le faut. J'aurais dû le faire plus tôt, d'ailleurs. J'ai vu des choses, je sais des choses, et je prends un risque énorme en ne laissant pas une trace écrite de mes découvertes. Mais vous n'allez rien comprendre, si je reprends pas tout a principio. Ou plutôt : depuis le début.
Mardi matin
Une main se posa sur mon épaule. J'étais dans un
couloir de la Sorb
onne, au milieu d'une petite foule d'étudiants, attendant qu'un
amphithéâtre se vide pour laisser entrer le cours suivant. Seul, je
regardais depuis plusieurs minutes un panneau d'affichage, dont je me
demande encore quel était l'intérêt. C'est là que tout commence.
Je
me retourne, me dégageant instinctivement de cette main qui me serre de
façon brutale. Face à moi, Arthur, camarade de fac que je connais à
peine, la figure rouge, le souffle court. Il ne sourit pas ; il tente
clairement de masquer sa panique sous une raideur feinte, et l'effet est
comique ; mais dans ses yeux, je devine qu'il n'a aucune envie de
plaisanter. Je sais que je dois me taire pour le laisser parler.
- On
me poursuit. Je crois qu'il est armé.
Il articule avec précaution,
d'une voix étouffée et monocorde.
- C'est pas une blague. J'ai vu des
choses...
Détachant mes yeux de lui pour une seconde, j'ai le temps
de m'apercevoir que personne aux alentours ne semble prêter attention à
notre échange.
- Prends-ça. Cache-le. Je t'appellerai.
Je me
retrouve avec une épaisse pochette en carton dans les bras. Je ne dis rien
; j'attends la suite ou bien un signe qui me prouverait que tout cela
n'est qu'un jeu ; en fait, j'ai peur.
- Tu ne m'as pas vu. Je ne t'ai
rien donné.
Il tourne alors la tête vers le fond de la galerie, et
son regard se fige. Puis son corps pivote complètement, se raidit encore
plus, et il s'éloigne de moi à pas lents. Je réagis en l'imitant : je
glisse lentement la pochette dans mon sac, me retourne vers le panneau
d'affichage, et attends. Plusieurs longues secondes s'écoulent, après
quoi j'entends un bruit de course et de bousculade. Quand je me retourne
enfin, en même temps que les autres, je vois Arthur qui disparaît au bout
du couloir. La personne qui le poursuit passe à quelques centimètres de
mes yeux. Je réprime l'envie qui me prend de l'agripper au passage ou de
la poursuivre : ce jeune homme, je l'ai déjà croisé, dans les couloirs de
l'ENS.

Avec les beaux jours, les fouilles de la Sorbonne avancent à grands pas. Hier matin, une dalle fort ancienne a été déterrée, et l'on peut y lire distinctement les deux distiques latins que nous reproduisons ici. La communauté scientifique ne fournit pour le moment aucune explication :
I. Le matin/l'après-midi, au réveil, quel est votre premier réflexe ?
A : Vous gratter derrière l'oreille en grognant.
B : Bailler gracieusement et vous étirer voluptueusement.
C : Sortir vos cornes en bavant sur la couette.
II. Comment marchez-vous ?
A : Vous roulez des mécaniques en jetant autour de vous des regards féroces.
B : Vos pattes à coussinets vous assurent une superbe démarche élastique.
C : Vous rampez mollement sur l'asphalte en laissant des traces humides derrière vous.
III. Quelqu’un vous demande, place du Panthéon, ou se trouve le Panthéon, que faites-
vous ?
A : Vous rugissez furieusement et l'imprudent s'enfuit.
B : Vous indiquez d'un menton dédaigneux le monument auguste.
C : Votre rictus débordant de salive retourne le coeur du malheureux passant.
IV. Qu'avez-vous mangé à votre dernier repas ?
A : Un quartier de viande crue.
B : Des croquettes Félix.
C : Rien, vous avez l'estomac dans les talons.*
V. Quelle est votre activité favorite ?
A : Traquer la gazelle.
B : Rester sur un lit à faire des gros câlins.
C : Ronfloter sous une feuille de salade.
VI. Comment décrire votre silhouette ?
A : “Musculeuse et terrible”.
B : “Elégante et fine”.
C : “Informe et flasque”.
VII. Quels sont vos compagnons habituels ?
A : Reclus dans votre tanière, vous mangez tout ce qui se présente à la porte.
B : Trop indépendant, vos seuls amis sont la science et la volupté.
C : Tous vos copains sont mous et aiment se baver dessus.
VIII. Quelle est votre oeuvre de référence ?
A : Le livre de la jungle.
B : Dialogue de bêtes.
C : Microcosme.
A. Vous obtenez une majorité de A :
Vous n'êtes pas une limace grimaçante, mais un dangereux fauve. Inutile de dissimuler votre
férocité sous des dehors courtois : qu'un seul zèbre se pointe à l'horizon et vos instincts
sanguinaires reprendront le dessus. Tâchez seulement de laisser tranquilles les kangourous
: l'auteur en est un lui-même et vous a à l'oeil, il vous connaît comme sa poche.
B. Vous obtenez une majorité de B :
Vous n'êtes pas une limace grimaçante, mais un matois matou : frileux et sédentaire, vous
prenez de nobles attitudes -allongé au fond des solitudes -, et il n'y a que la vue d'une souris
mécanique pour vous électriser vraiment. Mâchez donc un peu d’herbe, ça vous purgera.
C. Vous obtenez une majorité de C :
Félicitations : vous êtes bien une limace grimaçante. Gluant et mou à souhait, vous faites la
joie des enfants qui vous trouvent sur le trottoir et, une fois salé et mixé à du persil, vous êtes
délicieux à consommer, en soupe à la limace. Ceux qui vous font les cornes ne sont rien que
des gros jaloux et vous faites bigrement bien de leur faire la grimace.
* N.B. : l'auteur n’a pas hésité à associer l'emplacement gastrique des limaces grimaçantes à celui des escargots. Toute précision venant d'une véritable L.G. serait toutefois la bienvenue.
Mercredi 10 mai, dans le Vème arrondissement, un certain Bob a été kidnappé par des individus que la police n'a toujours pas identifiés. Alors qu'il se reposait paisiblement en sirotant un lait- grenadine, les kidnappeurs l'ont bâillonné, ligoté, puis conduit à leur domicile où ils ont pris le cliché que nos reporters, à la sueur de leur front, ont pu retrouver. Heureusement, le rapt n'a pas tourné au drame et le brave toutou a été libéré contre rançon. Les malfrats, forts de leur succès, courent toujours. La pauvre victime s'est refusé à tout autre commentaire qu’un wouf de soulagement. Le porte parole de la police quant à lui a déclaré : «C'est vraiment une sale affaire».
Voici la fameuse photographie que nos reporters, à la sueur de leur front, ont pu retrouver.
(Cliché: les ravisseurs - tous droits réservés.)
En exclusivité, l'extrait révélateur du log-book de Bob :
Les secrets de ma vie de chien (en peluche).
Mercredi 10 mai 2000: Aujourd'hui, il m'est arrivé une chose terrible. Ce matin, j'étais tranquille
dans ma chambre, et alors, je me suis fait kidnapper. Tout à coup, j'étais attaché sur une chaise,
j'avais un foulard sur les yeux, un pistolet sur l'oreille, et le pire de tout c'est que les deux
méchants m'ont pris en photo. Et alors, qu'est ce qu'ils rigolaient. J'ai eu très peur.
Mais après, on a joué. En fait, ils étaient pas si méchants que ça. Puis, on est allé en cours aux
Ernests, et ils m'ont rendu. Maintenant, je suis un peu triste. Surtout que la rançon c'était des
fraises tagada, et j'en ai même pas eu. (...) “